Le tweet de 210 caractères: Twitter prépare un format rallongé pour les bavards

new_twitter_logoUne récente étude américaine basée en Californie, près de San Diego, a tenté de démontrer qu’un panel d’utilisateurs types et d’experts ont déterminé que le nombre de caractères devait être substantiellement augmenté de 70 caractères afin d’atteindre un format de communication idéal. Soit le nombre idéal de 210 caractères. Ce nombre serait celui permettant une longueur optimale de communication, sans pour autant modifier l’interface graphique du réseau social … 

Le format détermine le contenu

Cette information n’en est pas une. Il s’agit purement d’une fiction. Mais à y regarder de plus près, cela soulève la question fondamentale du contenant qui détermine la qualité et la forme du contenu. Car en effet, on ne dit pas en 140 caractères ce que l’on pourrait écrire en 210, et inversement, les 70 caractères supplémentaires seraient-ils réellement indispensables ? Point d’étude américaine sérieuse sur le sujet donc, ni de projet allant dans ce sens. Cet exemple nous permet juste de poser quelques questions relatives au sujet du contenant/contenu.

S’il existe bel et bien des sujet et article traitant de la thématique de la limite de caractères de Twitter, ou comment exploiter au mieux cette limite, ou même, comment la dépasser, j’aimerai plus globalement utiliser Twitter pour étendre le sujet sur l’union sacrée du contenant/contenu.

Car c’est clairement établi, nous n’écrivons pas de la même manière un post pour Facebook, un tweet, un article blog, un article de magazine ou une légende d’Instagram. Pourtant, le point commun à ces différents réseaux sociaux est l’histoire qu’il véhicule. Vous prendre par la main, la fameuse anecdote, afin de vous plonger dans l’histoire. Aussi courte soit elle …

Comment faire court avec du long ?

Ce qui est fantastique avec Twitter, c’est la concision et le soin du détail qu’il est indispensable de porter à ce que l’on va communiquer. 140 caractères c’est peu. Très peu même parfois. Surtout quand l’on est bavard et que l’on aurait envie d’argumenter un peu plus. Mais est-ce que la puissance du réseau ne résiderait-elle justement pas dans cette drastique limite ? N’est-ce pas ce qui fait le ton de Twitter ? Sa directivité ? Sa relative rapide propagation ? Selon moi, clairement oui.

C’est une gymnastique, parfois proche du supplice. Bien que le lien – et mieux encore l’image soit l’annexe idéale afin de captiver encore plus ces cibles, je pense qu’il serait bien maladroit de se borner à ne poster que des liens, des contenus sans point de vue, ou raccourcir méchamment les propos d’une communication en cascade, provenant de Facebook, Google+ ou LinkedIn. Non. Raccourcir ce n’est pas suffisant. Il faut adapter. Diminuer la forme, tout en gardant l’essence du fond.

Et si maintenant Twitter développait la formule du tweet VIP en 210 caractères ? Qu’est-ce que vous y diriez de plus que dans la version standard ? A quoi servirait réellement l’espace supplémentaire dévolu ? Serait-ce plus long à lire ? C’est bien connu, on plus on a, on plus on en veut …

Une sacrée communauté

Y ajouter la tonalité Twitter aussi. Un peu corrosif. Irrévérencieux. Prétentieux aussi peut-être. Et ceci n’est pas péjoratif, bien au contraire. Twitter travaille fortement l’esprit de communauté. Tu y fais partie, #oupas. Pourtant, bon sang, les habitués de Twitter, les Papes de ladite communauté, ouvrez-vous !

Nombre de personnes sont effrayées par le réseau. Trop geek. Trop complexe. Opaque. Certaines personnes n’osent pas s’y risquer. La formule asynchrone est un réflexe pas toujours évident à saisir et comprendre. Et l’aspect dur de la communauté peut aussi rebuter les usagers lambdas. Je suis convaincu que le réseau, et plus encore les usagers de celui-ci gagnerait, pour la grande histoire, d’ouvrir les conversations au plus grand nombre. Entrer dans les sujets chauds des communautés Twitter c’est un peu comme sauter en parachute pour la première fois. Pas toujours évident. Mais vachement excitant !

#fautsavoirseservirduhashtag pour bien utiliser Twitter

Twitter et ses codes: le #hashtag, le @naming, le DM, le RT, les Listes. Les habitudes aussi. Le Follow Friday #FF par exemple. Ce sont ces codes qui font de Twitter un outil hors norme. Mais finalement, une fois compris, ces contraintes et ces codes sont plutôt salvateurs. Ils simplifient la lecture, l’utilisation, et le partage.

Force d’imagination aussi. Vous avez déjà essayé de créer vos hashtags ? Ou de trier ceux qui sont tendance ou qui le deviendront ? C’est réellement passionnant. Et c’est encore plus intéressant d’éditorialiser et d’incorporer directement dans son histoire les hashtags correspondants.  En parlant d’histoire justement, qu’est-ce que l’on peut bien raconter dans un tweet ?

Une histoire de 140 caractères

Au plus c’est court, au plus c’est compliqué finalement. Il est impératif de ne pas perdre en cours de route l’essence de ce que vous voulez diffuser, en terme de tonalité, de sujet, de thématique. Si c’est l’humour que vous visez, allez y franchement. Ton corrosif ? Faites vos preuves et devenait une plume sanglante. Ou plutôt un canif, vu la taille du médium …

Cette histoire de taille et de limite de 140 caractères est surprenante, car c’est franchement suffisant pour raconter une histoire. Un mot peut suffir. Ou au contraire, pour montrer la tonalité sur révérencieuse et bourgeoise, une utilisation abondante voir sur abondante d’adjectifs ou d’adverbes est idéal. Encore une fois la forme rejoint le fond.

Plusieurs tweets peuvent raconter une même histoire, ou bien encore, votre compte twitter peut regorger de tweets complètement différents. Tantôt drôle, tantôt impertinent. Si votre but est la course aux followers, alors allez-y franchement. Ou vous pouvez adopter une ligne éditoriale qualitative plus éloigné de la quantité.

Les codes restent les mêmes: intrigue, intérêt, héros, tout peut se retrouver dans un tweet. Au-delà du format, l’émetteur joue aussi un rôle important et fait directement partie du dispositif. S’il est connu, ou bénéficie d’une notoriété, cela ne pourra que donner un sens voulu au texte. Du crédit dirait-on. A contenu identique, et anecdotique, un tweet provenant de moi ou de Madonna n’aura pas la même portée…

Un même contenu pour différents supports ?

On peut aussi très bien se demander s’il est pertinent de diffuser un même contenu sur plusieurs réseaux. Twitter en soi est un format. Tout comme Facebook ou le blog. Il y a donc certaines informations ou contenus qu’il n’est peut être pas nécessaire de diffuser de manière généralisée sur tous ces comptes.

Il est bon aussi de faire preuve de parcimonie. Certains sujets conviendront mieux au format Facebook, d’autres au format Twitter. Mais parce que l’on aime communiquer le plus largement possible, nous sommes tentés de diffuser sur le maximum de plateformes, alors que, le medium étant différent, les cibles le sont très certainement aussi. Donc …

A l’heure d’aujourd’hui, nous devrons continuer avec cette bonne vieille contrainte des 140 caractères. Tantôt source d’inspiration, tantôt véritable supplice. Parfois le décompte des caractères parait une éternité, et pour certaines rédactions, ce qui est permis est bien trop peu. Mais c’est aussi ce type de règles qui sans doute régissent la standardisation de la communauté. Mais pas la standardisation de son expression et son ton si particulier …

 

 

 

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